Les enfants de la résistance, le devoir de mémoire dans une BD coup de coeur à vertu éducative

Les enfants de la résistance, le devoir de mémoire dans une BD coup de coeur à vertu éducative

La résistance vécue par les enfants, parce qu’il « faut bien commencer par quelque chose».

Un gros coup de cœur adressé (notamment) aux plus jeunes, contée par trois copains résistants qui auraient pu être les leurs. Une série BD à (leur) lire, documentée, où le mal côtoie le bien dans les deux camps, qui suggère l’horreur en demi-teinte, sans jamais la dévoiler directement.

La douceur des traits dessinés dans une gamme chromatique associée à l’époque et le champ lexical de l’enfance octroient à cette série une vertu éducative que le devoir de mémoire nous recommande de nous procurer d’urgence.

Ne manquez pas les fiches pédagogiques à la fin de chaque tome ainsi que sur le site web http://www.lelombard.com/enfantsdelaresistance/, courez à l’expo associée et si cette série vous est inconnue, rattrapez-vous pour la sortie du tome 4 prévue en janvier 2018 !

 

« Les enfants de la résistance » raconte chronologiquement l’histoire d’un village de la France occupée qui va basculer dès le début de la seconde guerre mondiale dans la lutte contre l’occupant et ce, grâce aux actions de trois copains, François, Eusèbe, et Lisa.

 

François, lucide petit bonhomme qui demande à son ami de ne pas regarder les Allemands passer dans la rue : « mais faut bien commencer par quelque chose. Là, j’ai pas envie de les considérer comme des vainqueurs, ça leur ferait trop plaisir ! ». Eusèbe, qui met rapidement le doigt dans l’engrenage. Et la petite Lisa, fille d’opposants Allemands ayant fui l’Allemagne nazie, recueillie par les parents de François qui la feront passer pour leur nièce.

 

Très vite, les actions des trois enfants les mènent à la tête d’un réseau de résistance. «Le lynx », comme ils se font appeler, iront jusqu’à organiser le sabotage d’une usine. Ils côtoieront dans leur révolte tant l’humanisme que la cruauté et la bêtise, sans distinction de camp. Ils appréhenderont des notions telles que le nazisme, le communisme et le capitalisme. Ils perdront « le Libre» dans l’aventure, mais ne renonceront pas à leur liberté.

La résistance par les enfants, contée pour les enfants

« Les enfants de la résistance » montre une facette de la seconde guerre mondiale axée sur les civils, en particulier les enfants. Notre histoire, leur histoire, est contée aux plus jeunes par des enfants de leur âge, avec leur vocabulaire (« des chefs aux idées proches de celles d’Hitler »).

J’ai particulièrement apprécié la vision non manichéenne de la BD qui permet aux enfants de comprendre seuls qu’un camp ne suffit pas à catégoriser un être humain de bon ou de mauvais. Cette vision se retrouve chez Lisa, fille d’opposants au régime nazi, mais aussi dans les personnages secondaires, par exemple le parrain de François, opinant aux idées de Pétain, ou certains officiers Allemands aidant les civils Français.

 

Un autre point fort de la BD est de faire parvenir à émouvoir et à prendre conscience de l’horreur, sans jamais dévoiler de violence. Une certaine pudeur ressort en effet des dessins, très doux, dans une gamme chromatique associée à la seconde guerre mondiale. Par exemple, un « plaf », un « pan pan », des jambes qui tentent de s’échapper, et ensuite un soldat à terre, avec la tête de laquelle s’écoule une de sang, sur le sol devant l’école.

 

 

La vérité historique, étayée dans le dossier pédagogique à la fin de chaque tome, constitue un atout majeur de cette BD selon moi. Les enfants peuvent en effet aller plus loin dans leur compréhension des faits, dès après leur lecture. Les explications données directement dans les planches par le père d’Eusèbe, instituteur, sur différentes idéologies, permettent quant à elles d’apporter des précisions pendant la lecture même, afin de ne pas perdre les plus jeunes avec, à ce moment-là, un vocabulaire spécifique, tout en les laissant achever leur lecture sans être perdus ou découragés par un manque de compréhension.

 

 

La carte située au début de chaque tome est également un outil didactique, aux différents clins d’œil (le papier peint, la localisation exacte de Lisa, un irréductible village de Gaulle qui résiste encore et toujours à l’envahisseur ?).

 

J’ai considéré que la série apportait réellement des clés de compréhension de l’action de civils, le plus souvent anonymes, tout en décortiquant la complexité de la situation historique. Cette vision complexe de l’Histoire, expliquée de manière simple (mais non simpliste) élève cette BD à mon sens au rang des très grandes.

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1 Commentaire

  1. 28 mars 2018 / 9 h 15 min

    Je n’ai lu que les deux premiers tomes pour le moment mais j’ai vraiment beaucoup aimé.

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