“Les gens honnêtes”, une chronique douce de personnes ordinaires

“Les gens honnêtes”, une chronique douce de personnes ordinaires

Les gens honnêtes, ceux que l’on croise au quotidien sans même les apercevoir. Parmi ces anonymes, il y a Philippe, qui nous fera vivre ses bas et ses hauts pendant 6 ans. Un éléctrocardiogramme de péripéties pour ce type, entouré de sa famille, de Camille de ses amis , de ses bouteilles de bon vin, et de ses livres.

Une chronique douce de personnes ordinaires dont la vie ne l’est pas moins. Des personnages attachants, avec leurs rêves et leurs désillusions, dessinés sous le trait simple de Durieux. Une lecture agréable, aux ton et tons tendre(s).

Philippe Manche, de l’alcool et des désillusions 

Tout commence le soir des 53 ans de Philippe, fêtés en famille. Un coup de fil de son boss. Il est licencié. Sans indemnités, rien. S’invitent alors la déprime et l’alcool.

Il penche du coté de la bouteille, qu’il finira bien par vider. Et c’est donc bien emméché qu’il arrive à la réunion avec le proviseur du lycée de son fils pour apprendre son renvoi. Qu’à cela ne tienne, Philippe, que rien ne semble atteindre, décide d’accompagner son fils dans le lycée qui pourrait l’accueillir, une école de cuisine du Bordelais.

Des voyages en TGV qui forment sa nouvelle jeunesse

Une idée lui vient dans le TGV : pourquoi ne pas coiffer les passagers pendant leur trajet ? Philippe devient donc coiffeur sans expérience, avec l’aide de la barmaid, la jeune et jolie Camille. Camille qui lui fait reprendre goût à la vie. Sans oublier Ducossu, son ami librarie dans le Bordelais, qui le rejoint de temps à autre pour partager une bonne bouteille, tout en déclamant de la littérature française ! Car à chaque livre est associé son cru !

Des livres et du vin, mais plus de Camille

A la disparition de Ducossu, Philippe hérite de la librairie. Il déménage du coté de Bordeaux, devient librarie, aussi un peu caviste, et entame une relation épistolaire avec Camille. Il mène alors une douce existence, commence à s’occuper du fils de sa fille célibataire, et rattrape doucement le temps perdu qu’il n’a pas passé avec ses propres enfants.

Camille finit par le quitter, elle a besoin de découvrir d’autres choses peut-être moins paisibles. Philippe voit ses rêves s’effondrer « Mais il y a des gens pour qui les rêves sont trop dangereux, c’est ça ? »

La vie continue

L’existence continue de couler doucement sur l’entourage de Philippe. Sa mère, veuve, file le parfait amour avec le maire de village ; l’ami maçon de Philippe fait découvrir à ce dernier une généalogie pleine d’aventures ; le fils de Philippe se révèle s’épanouir dans l’art culinaire. Une fin juste et sensible. 

Une chronique douce de personnes ordinaires

Une chronique de notre temps, douce succession de rêves et de désillusions pour l’ensemble des personnages gravitant autour de Philippe. Quel régal par exemple de le voir se prendre des cuites avec Ducousso, en accordant les livres et les vins, de (re)lire des passages entiers de la littérature française joués au diapason de l’œnologie. J’ai bu et ri avec eux. Un coup de génie de passionnés ! Quelle joie de voir que son fils a trouvé sa voie (et une amoureuse), ou que sa mère aime le maire.

Je me suis sentie proche de ces personnages attachants qui m’ont touchée par la simplicité apparente de leur vie ordinaire. J’avais l’impression de les connaître et éprouvais une grande joie à l’idée de les retrouver, comme pour regarder un film dessiné devant mes yeux, dont la chaleur positive m’enveloppait. Des vacances au soleil, le Sud. Des tracas de la vie, avant de rebondir. De l’humour, du vin, et de la littérature, quoi qu’il arrive !

Ne manquez pas cette intégrale qui vous donnera le sourire

(3,5 / 5) Durieux, Gibrat, Les gens honnêtes l’intégrale, Dupuis, 2017, 296 p., 35 EUR

 

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