La chambre des époux, Eric Reinhardt, un roman au style narratif créatif

La chambre des époux, Eric Reinhardt, un roman au style narratif créatif

Nicolas, compositeur, promet à sa femme Mathilde, atteinte d’un cancer, de relever chacun un défi dans cette épreuve : achever sa dernière symphonie pour l’un, affronter victorieusement la chimiothérapie pour l’autre. L’auteur imagine cette histoire en 2006, alors que sa femme est malade et qu’il écrit Cendrillon. Dix ans plus tard, Nicolas prend vie : romancier, amoureux de sa femme Margot en rémission, étourdi par Marie, en rémission elle aussi. Nicolas imagine alors l’écriture d’un roman le mettant en scène, où il n’est plus romancier mais compositeur, dans lequel il va écrire l’histoire initialement imaginée par Reinhardt.

Un style narratif créatif, que l’on ne peut que saluer, mais qui ne m’aura personnellement pas permis de m’attacher aux personnages ou de m’émouvoir. A lire pour l’exercice de style.

Une auto-fiction mise en abîme

« Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir.

S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Eric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l’amour, qui peuvent littéralement sauver des vies. » Quatrième de couverture

La quatrième de couverture ci-dessus ne dévoile que la partie la plus superficielle de l’histoire du nouveau roman d’Eric Reinhardt où se mêlent diverses histoires gigognes, aidées par plusieurs mises en abîme.

« La chambre des époux » est une autofiction : Eric Reinhardt se place en narrateur et nous conte son histoire de romancier qui en 2006, alors qu’il écrit Cendrillon, promet à sa femme, atteinte d’un cancer, de relever chacun un défi dans cette épreuve : achever son dernier roman pour l’un, affronter victorieusement la chimiothérapie pour l’autre.

Cette autofiction de la rentrée littéraire 2017 n’est pas sans rappeler celle de « Un certain M. Piekielny » de François-Henri Désérable, narrateur de sa propre histoire. La comparaison s’arrête cependant là puisque là où Désérable nous livre en miroirs sa vie et celle de Romain Gary, Reinhardt nous plonge dans l’histoire d’un romancier, qui promet à sa femme, atteinte d’un cancer, de relever chacun un défi dans cette épreuve, romancier qui imagine un roman qu’il n’a pas écrit, inspiré de sa propre histoire.

Un exercice de style méditatif qui ne parvient pas à susciter l’attachement

« La chambre des époux », « une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l’amour, qui peuvent littéralement sauver des vies », est une réflexion sur les impacts sur la création artistique de l’amour sublimé par la crainte de la mort d’un être cher.

Les thèmes abordés le sont de manière juste, parfois même drôles, souvent sensibles. L’auteur se dévoile inspiré par la force créatrice de la maladie de sa femme qu’il porte en lui-même, jusqu’à la déplacer sur une autre femme malade.

Malgré le style narratif créatif, je ne suis pas parvenue à m’attacher aux personnages de l’amour sublimé entre Nicolas et Mathilde ou Marie. J’ai pu m’émouvoir au début du roman pour la première histoire, avec Margot, que j’ai eu l’impression de quitter trop vite. L’exercice de style était peut-être trop différent de mes lectures habituelles pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Je vous recommande néanmoins ce roman pour les mises en abîmes successives qu’il contient.

(2,5 / 5)Eric Reinhardt, La chambre des époux, Gallimard, 176 p., 16,5 EUR

 

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