Quelle place pour les femmes dans les prix littéraires en 2017?

Quelle place pour les femmes dans les prix littéraires en 2017?

Quelle place les femmes occupent-elles dans l’attribution des prix littéraires de la rentrée 2017 ? Mises à part Alice Zeneter et Kaouther Adimi, lauréates respectivement des prix Goncourt des lycéens et Renaudot des lycéens, point de femme à l’horizon cette année.

Que faut-il en conclure ? Que les femmes seraient moins talentueuses que les hommes ? Que les jeunes sont plus sensibles à l’écriture des femmes ? Que la composition des jurys influence leur décision ?

L’attribution des prix littéraires depuis 1903 :  la parité mise en échec

Depuis sa création, le prix Femina a récompensé 37% de femmes. Sur ses talons, le Goncourt des Lycéens, 36% de lauréates. Troisième marche du podium, le Flore (22%).

Suivent le Médicis (20%), le Renaudot (15.5%), le prix Décembre (13%), le Grand Prix du roman de l’Académie (12.5%), l’Interallié (11%) et enfin, le Goncourt, 10.5%. (source Le Monde).

En examinant de plus près ces chiffrées année par année, peut-être constaterons-nous que ces chiffres représentent des moyennes lissées avec les années, reflétant une évolution de la mixité hommes / femmes ? Désolée de vous décevoir : sur ces 30 dernières années, les millésimes 1986, 1994, 1995, 2003 et 2008 ont brillé par leur absence totale de femmes des lauréat.e.s des prix littéraires. Ces chiffres ne sont donc pas plus encourageants aujourd’hui qu’ils ne l’étaient hier.

Comment expliquer encore, en 2017, une telle absence de diversité ?

La composition des jurys des prix littéraires : peu d’impact en 2017

Si, en 2017, les hommes sont davantage lauréats des prix littéraires que les femmes, ils sont également sur-représentés au sein de leur jurys ; exception faite des prix Femina et Elle, qui se démarquent pour leur composition exclusivement féminine. J’écarte de mon propos le jury de l’Académie française et celui du Goncourt des lycéens, dont les compositions ne sont pas communiquées.

L’influence de la composition des jurys sur une décision genrée du lauréat ne semble cependant pas établie cette année : la sélection finale du prix Femina ne retenait que peu de femmes tandis que celle du prix Goncourt était composée de deux auteurs et deux autrices.

La qualité littéraire avant tout

Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt, l’a rappelé à l’occasion de la foire du livre de Francfort: « On ne choisit pas en fonction du sexe ou de l’origine de l’auteur. On décide en fonction du livre. C’est la seule chose qui compte ».

Nul doute que les auteurs récompensés cette année par les divers prix littéraires ont un talent certain, d’ailleurs maintenant reconnu. Et l’on ne peut que partager le point de vue de Bernard Pivot sur la récompense de la qualité littéraire.

Espérons cependant que cette qualité littéraire soit reconnue à sa juste valeur, c’est-à-dire à valeur égale qu’il s’agisse de celui d’un homme ou d’une femme.

Et en attendant que les prix littéraires ne récompensent autant de femmes que d’hommes, je vous invite à découvrir les œuvres suivantes de femmes de talent:

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2 Commentaires

  1. 11 décembre 2017 / 21 h 38 min

    Un article plus qu’intéressant !
    Je partage ton avis pour La Tresse, et note donc le titre des trois autres romans 😉

    • Aurore
      11 décembre 2017 / 22 h 05 min

      Merci!

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