Le prix Rossel 2017, le Goncourt belge, attribué à l’unanimité à Laurent Demoulin

Le prix Rossel 2017, le Goncourt belge, attribué à l’unanimité à Laurent Demoulin

Le prix Rossel, le Goncourt belge imaginé par Le Soir, parrainé en 2017 par Hislaire

La direction et la rédaction du journal Le Soir, quotidien francophone belge, portent depuis 1938 le prestigieux prix Rossel, que l’on appelle également le « Goncourt belge ».

De prestige, il est encore question cette année avec le parrain de l’édition qui n’est autre que le BDéiste Bernard Hislaire, connu pour la saga Sambre. Série que je vous recommande plus que chaudement qui retrace l’amour impossible entre deux jeunes gens que la condition sociale semblait ne pouvoir que séparer  dans le Paris révolutionnaire de 1848.

Le quotidien d’un père universitaire et de son fils autiste l’a remporté à l’unanimité

Premier roman du maître de conférences à l’Université de Liège, Robinson a fait l’unanimité auprès du jury, composé entre autres de Thomas Gunzig.

« Robinson est une île sauvage.
Robinson est un monde.
Robinson est un Sisyphe heureux.
Robinson est un enfant autiste.
Son père, universitaire, évoque avec délicatesse et subtilité son expérience de la paternité hors norme, où le quotidien (faire les courses, prendre le bain, se promener) devient une poésie épique. 

(…)

Peut-être est-ce là la seule raison d’être de ce texte tissé entre eux : Robinson ne le lira jamais. »

Une soirée en l’ honneur de l’auteur est prévue le 14 décembre à Paris !

Le lauréat du Prix Rossel 2017  sera en effet célébré au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris à 20h, accompagné du parrain de cette édition, le bédéiste Bernard Hislaire, et des membres du jury.  N’hésitez pas à participer à cette soirée en vous inscrivant gratuitement ici.

La sélection finale : deux hommes, trois femmes

Cinq œuvres étaient en lice pour 2017: trois femmes, deux hommes ; trois éditeurs français, deux belges. Ce millésime peut donc se targuer d’être plus équilibré que ses homologues français, bien que cet équilibre ne soit dû qu’au hasard. En effet, n’allez pas croire que le jury soit fin stratège. Non, non : le jury est indépendant et impartial et il choisit avec son cœur et ses tripes les 5 œuvres l’ayant le plus marqué au cours de cette année.

Il avait donc retenu, outre Laurent Demoulin, les candidats suivants :

«Mais je suis quoi pour toi, elle lui demande. Je suis quoi, elle insiste, un bonus ? Ta petite dose de douleur nécessaire?»

« Au fil d’instantanés amoureux alliant la sensibilité de Marguerite Duras à la fantaisie de Michel Gondry, Une dose de douleur nécessaire nous emporte dans une passion singulière. »

Pour l’anecdote, Victoire était rédactrice pour ABMAG, un webzine culturel belge,  tout comme moi (mais avant moi). J’aurai la chance de l’interviewer à l’occasion de la parution de son premier roman. Bientôt disponible sur le site du magazine !

« Si elle n’avait jamais eu de sœurs. Ou si elles étaient mortes toutes les trois. Plutôt que de les entendre hurler, dévaler les escaliers sans arrêt, de les voir débouler dans sa chambre pour lui demander de les départager d’un nouveau concours idiot ou de refaire pour la cinquième fois leurs tresses, Audrey pourrait se concentrer et parvenir à finir une phrase du premier jet. Sans ses sœurs, elle connaîtrait enfin la paix. Pour que le silence soit parfait, il aurait fallu qu’elle n’ait plus de parents non plus, évidemment… »

« Tu vas écrire un roman. » Albert Palombieri, mon père, n’est venu que pour me dire ça. Lui qui ne m’a jamais lu ! Quand j’étais enfant, il jetait mes poèmes à la corbeille. Ceux que mes neuf ans inquiets posaient sur son bureau. Mais je tiens ma revanche : je vais lui écrire l’histoire de Rosa, sa mère. Albert ne sait rien d’elle. Il ne sait pas qu’elle fut fasciste, puis résistante, ni qu’elle a été déportée. »

« Des marchés où s’était épuisée notre arrière-grand-mère aux magasins de prêt-à-porter montés par nos parents, tout nous ramenait aux tailleurs juifs des shtetls de Pologne. Quatre générations plus tard, on ne se fournissait plus dans le Sentier, à Paris, mais chez d’invisibles intermédiaires qui ramenaient la marchandise du Bangladesh, du Pakistan ou de Chine. »

« Au cœur de l’histoire familiale de la narratrice, le vêtement : d’un côté le magasin de son inconsolable grand-mère, peuplé des fantômes de la Shoah, de l’autre les flamboyants qui, tournant le dos à la tragédie, jouent le jeu de leur époque avant d’être dépassés par le succès. Entre eux, une jeune femme veut exister sans renier ses origines et les évoque avec une acuité sensible. La fin d’un monde, et peut-être la vraie fin du Yiddishland. »

 

 

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