Un prix Goncourt illustré par un dessinateur d’exception!

Un prix Goncourt illustré par un dessinateur d’exception!

L’histoire du petit Momo, qui a valu à Romain Gary son deuxième Goncourt

En 1975, Emile Ajar reçoit le prix Goncourt pour « La vie devant soi ». Grâce au truchement de ce pseudonyme (signifiant « braise »), Romain Gary (en Russe Romain « Brûle »), devient le premier et seul écrivain à recevoir le prix Goncourt à deux reprises, ce que l’institution ne permet normalement pas.

« Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort. » Quatrième de couverture, Gallimard

Momo, qui comprend que sa mère, ex-prostituée, ne reviendra pas le chercher, évolue en côtoyant des personnages hauts en couleurs.

 

 

Monsieur Hamil, un vieil Algérien qui ne se préoccupe plus que de ce qu’il mange et va exercer sur lui une influence pleine de sagesse.

 

 

 

 

 

 

Il y a aussi évidemment Madame Rosa, dont le lien l’unissant Momo, elle, Polonaise, ex-prostituée, arrêtée lors de la rafle du Vél d’Hiv, dont l’état de santé se dégrade, ressort d’une nature presque maternelle.

 

Momo évolue donc dans une étrange famille composée de travestis, d’anciennes prostituées, d’autres « fils de pute », ou de macs, au sein de laquelle il parviendra finalement à trouver sa voie.

Un des grands romans de la littérature française illustré par un dessinateur d’exception

« La vie devant soi », bien qu’écrit en 1975, aborde des thèmes actuels : il dénonce le manque d’intégration de populations en ville par la mixité des personnages entourant Momo en peignant un côté de la ville, et de la France, pas forcément toujours agréable à regarder

Il invite à l’introspection par l’histoire de ce petit personnage bienveillant et attachant pour lequel on ne peut s’empêcher d’éprouver de l’empathie.

Manuele Fior, né la même année que « La vie devant soi », parvient à reproduire cette mixité dans ses traits, tout comme il parvient à faire transparaître le caractère de ses personnages dans leurs esquisses respectives.  

 

 

 

 

Madame Rosa par exemple n’a rien de Simone Signoret qui avait incarné ce personnage dans l’adaptation cinématographique, qui lui avait d’ailleurs valu le César de la meilleure actrice en 1978.

 

 

 

 

 

Fior parvient à reproduire la vitesse de Momo, tant mentale que physique. Le mouvement rapide du dessin reproduit en images la vitesse mentale de Momo capable de gérer des situations anormales pour un enfant de son âge, ainsi que sa vitesse physique, lui qui court à un rythme effréné dans un Paris mixte et divisé où il évolue jusqu’à se trouver.

Les dessins de Manuele Fior, qui collabore régulièrement avec de nombreuses revues et éditeurs internationaux tels que The New Yorker, Le Monde, Vanity Fair, ou les Inrocks, ajoutent de la spontanéité au récit. Des esquisses que l’on admire, comme lorsqu’enfant, l’on regarde avec émerveillement les dessins illustrant l’histoire qu’on nous relit le soir.

 

 

 

 

 

La vie devant soi, d’après le roman de Romain Gary, illustré par Manuele Fior, Futuropolis, 26 €, EAN 978-2-7548-2153-7

 

 

 

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