Une quête universelle de soi menant au voyage

Une quête universelle de soi menant au voyage

Allan fait face avec sa femme à la maladie de sa belle-mère. Il aimerait pouvoir aider celle qu’il voit dépérir de jour en jour. Il pourrait tenter de la soulager. Allez voir Hussein, là-bas, au Liban, faire le voyage, renouer avec ses origines. Origines qu’il a volontairement effacées de sa mémoire et de sa vie. Allan s’appelle en effet en réalité Abdel. De ses origines, de sa langue, du Coran, de sa famille, il a appris à tout désapprendre. Pour se fondre à la perfection depuis plusieurs décennies dans la société et la culture françaises. Un rejet. De la haine. De tout ce qu’il a été, de ce pays qui l’a vu grandir, de sa famille à laquelle il ne souhaite plus parler. Etrangement, c’est l’amour qu’il porte à sa belle-mère française qui l’obligera à se reconnecter de façon douloureuse avec son passé. Sa famille l’accueille dans un premier temps à bras ouverts, mais les rancœurs d’Allan/Abdel et celles de ses frère et sœur refont vite surface. Des conflits latents renaissent de leurs cendres, des souffrances familiales se font aussi vives qu’un feu ardent. Pourtant, le voyage n’est pas terminé, et Abdel comprendra que la quête d’une identité ne peut se réaliser sans l’acceptation de ses origines.

Une quête  de soi menant au voyage

Lire Monsieur Coucou ne s’envisage pas sans voyage. Evidemment, Abdel voyage en quête de lui-même, mais le lecteur n’est pas en reste puisqu’il se trouve parachuté au Liban. Les paysages, l’évocation de ces champs d’olivier à perte de vue, le hummus que l’on goûte à la vue des images, les odeurs qui nous chatouillent les narines, la chaleur à la sortie de l’aéroport qui nous colle à la peau, les joies de la pêche, ou encore le soleil trop fort qui nous brûle les yeux.

Rien d’étonnant d’ailleurs à ce que l’intrigue se situe au Liban. Ni que ce Liban soit si justement dépeint. En effet, bien que le récit ne soit pas autobiographique, le scénariste Joseph Safieddine est Français de naissance, issu d’une famille libanaise.

Une histoire universelle

Mais la force de Monsieur Coucou se situe au niveau de l’universalité de l’histoire. Ce récit aurait tout à fait pu se dérouler dans une autre pays à l’histoire similaire de celle de Liban. En effet, ce roman graphique exploite à merveille des thèmes universels tels que l’engagement, le déchirement, la quête de ses origines, ou encore l’émigration.

Thèmes chers à mon cœur que le dessinateur coréen Kyungeun Park transcrit parfaitement grâce à la vivacité de son trait et de ses couleurs. Au-delà du voyage auquel il nous emmène, il parvient également à nous mettre dans la peau des personnages. Par exemple, il  nous fait vivre la maladie de la belle-mère d’Abdel en nous dessinant ce qu’elle voit. Nous devenons le personnage.

Copyright Le Lombard 2018

 

De la même manière, la façon dont il dessine Abdel, l’épaisseur du trait, souligne la force de caractère du héros, et ses traits parfois taciturnes trahissent ses failles.

Copyright Le Lombard 2018

 

 

 

 

 

Ce n’est pas la première collaboration du dessinateur et du scénariste puisque le duo avait déjà exploité des thèmes similaires dans Yallah Bye, dont Monsieur Coucou s’inscrit dans la continuité humaniste. N’héistez plus, lisez.

Copyright Le Lombard 2015

 

 

(3,5 / 5) Park Kyungeun et Safieddine Joseph, Monsieur Coucou, Le lombard, 2018, 104 p. , 17,95 EUR

 

Cette semaine, les chroniques des amoureux des bulles, c’est chez Noukette!

Suivre:
Partager:

29 Commentaires

  1. 14 février 2018 / 6 h 01 min

    J’ai repéré la sortie de ce titre. J’attendais quelques avis pour savoir si je me lançais ou pas. Merci pour ton article

    • Aurore
      14 février 2018 / 11 h 38 min

      Je t’en prie 🙂

  2. 14 février 2018 / 8 h 31 min

    Pas pour moi je crois, désolée !

  3. 14 février 2018 / 8 h 54 min

    Je suis tentée, j’aimerais beaucoup la lire! Je crois que les voyages “initiatiques” me plaisent.

    • Aurore
      14 février 2018 / 11 h 38 min

      Même chose que celle que j’ai répondu à Enna : de mon côté, j’ai voyagé 🙂

  4. 14 février 2018 / 9 h 13 min

    Je ne suis pas attirée par le dessin, j’avoue

    • Aurore
      14 février 2018 / 11 h 37 min

      Ca arrive! J’ai voyagé pour ma part donc je suis très heureuse d’avoir lu ce roman graphique 🙂

  5. 14 février 2018 / 10 h 05 min

    je ne connaissais pas du tout mais ce que tu en dis donne envie !

  6. 14 février 2018 / 11 h 12 min

    Etrange titre… mais ton avis est plus que convaincant !

    • Aurore
      14 février 2018 / 11 h 39 min

      Merci Noukette ! 🙂

  7. 14 février 2018 / 11 h 52 min

    J’hésite à noter, ça semble intéressant mais je ne suis pas trop attirée par le dessin.

  8. 14 février 2018 / 12 h 12 min

    Oui le titre semble bien étrange ! Mais je lirais bien ce roman graphique, pour le double voyage!

    • Aurore
      14 février 2018 / 12 h 38 min

      J’ai plusieurs interprétations de la signification du titre ! Mais je préférerais qu’on en discute pour que tu me donnes ton point de vue 🙂 Idem pour Camille d’ailleurs 🙂

  9. 14 février 2018 / 22 h 30 min

    Je suis convaincue ! Merci pour la découverte 😉

  10. 15 février 2018 / 7 h 16 min

    Je ne me serais pas retournée sur cette BD si je n’avais vu que la couverture. Le scénario a l’air super et comme toi tout ce qui touche à l’immigration m’intéresse particulièrement.

    Ce titre est assez curieux! ( On pourrait croire à un truc marrant mais non!)

    • Aurore
      15 février 2018 / 8 h 07 min

      Oui tout à fait. Le thème en effet même tient également particulièrement à cœur, d’où l’interet que j’ai porté à cette BD

  11. 15 février 2018 / 19 h 43 min

    Merci pour la découverte, je note !

  12. 15 février 2018 / 20 h 41 min

    Je ne suis pas attirée par le dessin mais par contre le scénario à tout pour me plaire. A voir donc…

  13. 16 février 2018 / 14 h 20 min

    Tu m’intrigues… Pourquoi pas ?

  14. 16 février 2018 / 17 h 35 min

    Un album qui m’attire énormément !

  15. 16 février 2018 / 21 h 51 min

    Je l’ai repéré, celui-là. Je suis toujours intriguée par ces déconstructions… et ces voyages initiatiques.

  16. 17 février 2018 / 11 h 51 min

    Merci pour la découverte, Hélène.
    J’avais hésité avec ce titre. Tu fais pencher la balance, indéniablement…

    • Aurore
      17 février 2018 / 12 h 49 min

      Ravie que la balance ait penché 🙂 Cependant, je m’appelle Aurore

  17. 18 février 2018 / 21 h 41 min

    Le titre interpelle, mais je ne sais pas trop si je vais aller au-delà… A voir s’il arrive en bibliothèque !

  18. 19 février 2018 / 21 h 01 min

    Pourquoi pas ? Mon ventre a entendu parler d’houmous, mes yeux du soleil et des champs d’olivier…

    • Aurore
      19 février 2018 / 21 h 13 min

      Très bon esprit Nathalie! 🙂

    • Aurore
      20 février 2018 / 21 h 56 min

      Avec plaisir 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *