Christiana Moreau, lauréate du Prix des Lecteurs Club 2017

Christiana Moreau, lauréate du Prix des Lecteurs Club 2017

J’ai eu la chance d’être sélectionnée en tant que jurée du Prix des Lecteurs Club 2017, la 2ème édition de ce prix littéraire 100% belge qui a distingué l’année dernière Alia Cardyn et son roman ‘Une vie à t’attendre’.

A la suite d’une vive délibération et d’un vote plutôt serré, le choix des 19 autres jurés et de moi-même s’est porté vers

  (3,5 / 5)‘La Sonate oubliée’ , premier roman de Christiana Moreau

Lionella, une Belge d’origine italienne de 17 ans, participe au célèbre concours international Arpèges sur les recommandations de son professeur. Violoncelliste de talent, elle ne sait quel morceau interpréter afin de séduire le jury. Son ami de toujours, Kévin, lui apporte la solution en lui offrant la partition d’une sonate inconnue qu’il a dénichée aux puces, accompagnée d’un carnet manuscrit et d’un étrange médaillon. A sa lecture, Lionella découvre l’histoire d’Ada, une autre prodige du violoncelle 300 ans avant elle. Elle se passionne alors pour l’histoire de cette orpheline, disciple de Vivaldi, recueillie à l’ospedale de la Pietà à Venise dont elle décidera de se faire la porte-parole afin de la sortir de l’oubli.

Christina Moreau nous livre un récit mélodieux en nous déroulant comme une partition l’histoire en miroir de ces deux jeunes violoncellistes que la passion de la musique réunit à trois cent ans d’intervalle. Extrêmement bien documenté, le roman s’inspire de personnages réels pour nous plonger au cœur de la Venise du XVIII ème siècle, en alternance avec des passages de la ville de Seraing, trois siècles plus tard. Une lecture douce et agréable aux personnages attachants qui vous donnera l’envie de réécouter les quatre saisons de Vivaldi.  

 

Cinq autres oeuvres littéraires belges étaient en lice pour le Prix des Lecteurs Club 2017  

 

  (4 / 5)Rosa, Marcel Sel (lien vers ma chronique) – Onlit Editions

 

  (3 / 5)Tous, Grégoire Polet (lien vers ma chronique) – Gallimard

 

  (3,5 / 5)Hope, Sylvie Godefroid – Genèse 

Avec Hope, Sylvie Godefroid surprend. La narratrice, Hope, consciente du profond dégoût qu’inspire la tumeur qu’elle a au visage depuis son enfance, en opposition à la perfection de son corps, décide de se venger en tuant des innocents. Elle élabore un plan, qu’elle nous raconte, en énumérant les petits détails de la vie de chacune de ses futures victimes. L’originalité de l’histoire intrigue. Sylvie Godefroid parvient à décrire la psychologie de chacune des cibles du machiavélisme de Hope de façon tellement fine en peu de pages que l’on parvient à s’attacher à eux. Je me suis d’autant plus attachée à ces personnages grâce à leur évolution en milieu belge et que l’auteur est parvenue quelque fois à me faire sourire, voire rire.

Hope est ma belle découverte du Prix des Lecteurs Club : un roman dont je n’attendais pas forcément un coup de cœur mais qui a eu le mérite de me plaire, une histoire originale décrite avec un ton parfois humoristique, des personnages attachants empreints de belgitude. Bien que Hope ne soit pas mon cœur, il mérite à mon sens de figurer parmi les trois premières marches du podium du prix des lecteurs Club de cette année.

  (3 / 5)A la ferveur de nos nuits, Alizée Seny – Memory press

Tous les soirs, Elise, une prometteuse artiste peintre, erre, hagarde, dans les rues de Londres, ses fantômes du passé l’accompagnant au gré de ses balades nocturnes. Même Tom, l’ami de son frère Matt, ne la reconnaît plus. Celui qui aurait voulu lui servir de modèle ne l’aurait-il pas entraînée dans cette lente descente aux enfers ? Heureusement, Elise rencontrera Connor, un écrivain en recherche d’inspiration, avec lequel elle se sent confiante de partager les heures volées de la nuit jusqu’à peut-être la délivrance.

Pour son premier roman qu’elle écrit à 19 ans à peine, Alizée Seny fait preuve de beaucoup de maturité au travers de son récit. Son personnage principal, Elise, évolue au fil des pages afin de surmonter une douloureuse épreuve. Si l’on doit saluer le travail de l’auteure au vu de son jeune âge, on peut cependant regretter une fin quelque peu prévisible et le manque de finesse de la psychologie des personnages. Le récit manque semblait à mon sens relever de trop de simplicité, et d’être empreint de bons sentiments. Bien qu’il n’aura pas permis de me convaincre, ce roman constitue une belle promesse pour cette jeune écrivaine belge.

  (3,5 / 5)Surtout que je ne suis pas vraiment Carrie B., Stéphanie De Geynst Levy – 180° Editions

Nour, Yaël et Sidney sont des « poules » bruxelloises. Ces petites nanas sympas aux alentours de la trentaine se retrouvent dans des endroits que l’on connaît si on fréquente Ixelles. On retrouve la place Brugmann avec feu Gaudron, le pain quot’ de l’avenue Lepoutre, knees to chin, Ici, Chyl, le Café de la Presse, pour ne citer qu’eux. Elles y discutent autour d’un café ou d’un verre de vin de leur vie de tous les jours qui n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Nour, la Marocaine, sans emploi, et est repartie vivre chez ses parents. Yaël, la Juive magnifique, femme au foyer depuis son mariage avec David et la naissance de leur fils Sacha, aimerait reprendre une activité professionnelle. Sid, la blonde aux parents mixtes néerlandais / français ne s’épanouit pas dans le cabinet d’avocats dans lequel elle évolue.

Le titre nous fait penser à juste titre à la célèbre série mettant en scène Carrie Bradshaw. Le livre se parcourt comme on regarde Sex & the city : on apprécie ces filles qui pourraient être nos copines, on se retrouve avec elles aux Jeux, mais on n’est pas ému. On ferme le livre comme on l’a ouvert, on a passé un bon moment, surtout si on est Bruxellois.

Merci encore à Club pour cette expérience unique, et aux autres jurés pour leurs échanges et leur bonne humeur !

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1 Commentaire

  1. 28 février 2018 / 8 h 52 min

    Autant Stéphanie de Geynst Levy est une personne géniale. Autant son roman est amusant mais sans plus.
    Peut-être le fait que tu sois une Gonz que t’ai plus appréciée que moi! Je ne sais pas!

    Mais cette expérience était extraordinaire et m’a apporté beaucoup.

    Sur ce, big Up!

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