“Quand on peut, on doit”

“Quand on peut, on doit”

Mohammad, ex-réfugié, devient étudiant à Sciences-Po Paris en quelques mois

Marie-France écoute la radio. “Quand on peut, on doit” entend-elle au sujet d’une aide nécessaire à apporter aux réfugiés. » Cette dame élégante, seule habitante d’un hôtel particulier des quartiers chics de Paris, finit par contacter l’association Swiga. Ellle souhaite héberger un réfugié.

Mohammad est afghan. Début de la vingtaine, celui qui a vécu un sentiment de résurrection à la lecture d’un livre ayant remis en question la société dans laquelle il a grandi, est arrivé en France après avoir connu les horreurs de la guerre, la souffrance, la solitude et l’exil.

 “Passé l’excitation de la découverte, la peur l’envahit, il y a quelque chose des vertigineux dans le champ des possibles qui s’ouvre à lui. Comment cette société peut-elle être aussi fermée, aussi réductrice? (…) Toutes les violences qu’il a subies, qu’ils ont subies, auraient pu être évitées si les hommes étaient plus éclairés. (…) Le moment est venu de penser librement, de s’exprimer sans retenue et de vivre pleinement. Il a seize ans et il vient de renaître.”

Benoît, fils de Marie-France, vit depuis peu aux USA avec sa femme et ses filles. Il y produit, scénarise et réalise des films. Celui qui interprète dans un premier temps la volonté de sa mère d’héberger comme une lubie passagère s’aperçoit vite que Mohammed est pour elle bien plus que cela.

Dans ce roman, Benoît Cohen, raconte l’histoire vraie de Mohammad, de sa mère et de lui-même. Un récit riche, intelligemment construit, ce qui n’étonne guère lorsque l’on sait que Benoît Cohen est en effet réalisateur, producteur et scénariste de films. Plutôt que de raconter de façon linéaire l’histoire de Mohammad, l’écrivain s’intéresse à la relation que le réfugié construit avec sa mère, elle qui l’accueille comme un fils, et effectue un parallèle avec sa propre expatriation aux Etats-Unis dans l’Amérique de Trump, au fur et à mesure de l’histoire que lui conte Mohammad qui se livre au compte-goutte dans leurs entretiens en duo.

Une leçon de vie que l’associatif relaie au quotidien

Sans verser dans le sentimentalisme ni dans le bien-pensant de la charité judéo-chrétienne, et sans porter aucun jugement sur l’action de sa mère, Benoît Cohen parvient à emmener son lecteur dans les recoins les plus profonds de lui-même, en interrogeant son propre parcours.

L’écrivain dévoile son admiration pour ce brillant jeune homme au destin hors du commun qui lutte contre l’obscurantisme grâce aux détails de son histoire. La détermination et le courage de Mohammad forcent en effet le respect pour celui qui est parvenu à intégrer la prestigieuse école des Sciences Politiques de Paris grâce à l’aide de Wintegreat, un programme ayant pour but de redonner vie aux projets professionnels des personnes réfugiées.

Ce livre vous apprend une énorme leçon de vie. La phrase « Quand on peut, on doit » qui a résonné en Marie-France et a probablement été l’un des éléments déclencheurs de son passage à l’hébergement, son fils s’en fait l’écho dans « Mohammad, ma mère et moi ». Peu importe la mesure de l’action, pourvu qu’elle soit présente.

En Belgique, au-delà de la plateforme hébergement citoyenne, l’association deux euros cinquante illustre ce principe. Peut-être ne vous sentez-vous pas prêts à héberger, peut-être avez-vous cependant envie d’aider à votre manière. Deux euros cinquante est une somme que vous pouvez verser par virement à cette association, qui permet d’offrir un repas aux réfugiés.

En France, les associations que Benoît Cohen cite dans Mohammad, ma mère et moi sont les suivantes :

  • Singa – Mouvement citoyen international visant à créer du lien entre personnes réfugiées et société d’accueil
  • Wintegreat – Programme ayant pour but de redonner vie aux projets professionnels des personnes réfugiées
  • Fonds de dotation merci – Organisme ayant pour objet d’agir en faveur de la cause des enfants dans le monde en oeuvrant à l’amélioration de leurs conditions de vie
(4 / 5) Benoît Cohen, Mohammad, ma mère et moi, Flammarion, 2018, 19 eur, 288 p.

 

 

 

 

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