Octobre – Grand Prix des Lectrices Elle

Octobre – Grand Prix des Lectrices Elle

ROMANS

  • (3,5 / 5) Ca raconte Sarah, Pauline Dellaroy-Allard

Sarah, cette femme attirant tous les regards, qui parle et se maquille trop, ne passe pas inaperçue, y compris aux yeux de la narratrice, professeure discrète et mariée. Rien ne prédisait l’étincelle brillante ni le feu les consumant chacune. Un brasier les emportant au plus loin d’elles-mêmes. La fougue ne les épargnera pas, la passion les dévorant d’une seule bouchée. La sensualité des débuts laissera la place au manque vide et terne dans les rues de Trieste, à laquelle il semblerait que le « e » soit supprimé pour ne subsister qu’une ville Truste, car comment réapprendre à vivre après une telle tempête ? Avec un style concis, certains chapitres se limitant à quelques mots, et incisif, telle la lame d’un chirurgien, Pauline Dellaroy-Allard découpe une histoire d’amour homosexuelle aussi belle que dérangeante.

Une très belle découverte

  • (3 / 5) Tous les hommes désirent naturellement savoir, Nina Bouraoui

Entre « Se souvenir » et « Devenir », l’auteure erre. Son hier et son demain étant liés par cet aujourd’hui qu’elle tente de nous livrer avec le plus de justesse possible. Dans un style sobre et direct, Nina Bouraoui nous emmène dans le Paris des années 80, au Kat, où elle se libère des chaînes de son pays natal, l’Algérie, qu’elle ne parvient cependant jamais totalement à effacer. Des époques, des lieux et des mœurs différents qui vont l’aider à se définir dans sa vie de femme homosexuelle, dont l’excès et la violence font partie prenante.

Malgré la division en chapitres (« se souvenir », « devenir, « savoir », et « être ») qui apporte du dynamisme au récit, ce dernier m’a semblé en manquer quelque peu. L’auteure m’a perdue : elle semble déposer des pièces de puzzle sans que l’on puisse comprendre comment les assembler.

Sans doute une figure de style indiquant la difficulté pour elle-même de se forger une identité unique puisqu’elle est par définition plurielle

DOCUMENTS

  • (4 / 5) Ici, les femmes ne rêvent pas, Rana Ahmad

Dans ce récit autobiographique, l’auteure nous raconte son combat vers la l’indépendance et la liberté. De l’échange d’un vélo contre le voile alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, à sa fuite en Allemagne, adulte, les détails de la vie de cette Syrienne ayant vécu en Arabie Saoudite frappent au visage telle les gifles que lui infligeaient son frère, à elle, cloisonnée à son genre, en quête de sa vérité.

Une claque qui nous rappelle que le féminisme n’est pas un mot vain, ni un combat terminé

  • (3 / 5) Ca va mieux, ton père ?, Mara Goyet

Dans ce récit autobiographie, l’auteure, Mara Goyet, nous parle de la relation qu’elle entretient avec son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Évidemment, ce père qu’elle aime profondément et qui n’est plus que l’ombre de lui-même ne peut aller mieux, la dégénérescence étant devenue maître de cet esprit autrefois si alerte, vif et créatif.

Le thème de cet essai ne pouvait que me plaire : la maladie, le rapport à l’autre, l’amour filial. Ils ont sans doute créé des attentes un peu trop élevées : j’aurais apprécié que l’auteure parvienne à se détacher un peu plus de son histoire personnelle pour m’emporter avec elle.

Dommage, d’autant plus qu’il manquait un rien à cette écriture pour qu’elle m’émeuve fortement

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2 Commentaires

  1. 10 septembre 2018 / 8 h 08 min

    Je suis plongée dans ça raconte Sarah…

    • Aurore
      18 septembre 2018 / 15 h 19 min

      Alors, ton point de vue Madame?

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