Un slumdog millionnaire littéraire, à la sauce autiste asperger

Un slumdog millionnaire littéraire, à la sauce autiste asperger

“Boum, quand notre coeur fait boum, tout avec lui dit boum, et c’est l’amour qui s’éveille”

Voilà ce que m’inspire Einstein, le sexe et moi : ces paroles de la célèbre chanson de Charles Trénet.

A vos marques, prêts, lisez !

Einstein, le sexe et moi, est l’histoire autobiographique d’Olivier Liron. Ce normalien, comédien, scénariste né en 1987 nous relate en 200 pages son passage à Questions pour un champion qu’il met en parallèle avec les adaptations qui rythment son quotidien. Adaptations car Olivier est communément ce que l’on appellerait un génie. Il a cette particularité que l’on nomme autiste asperger. Pourtant, malgré son intelligence bien plus grande que la moyenne, le système scolaire, profs et élèves compris, ne lui fera pas de cadeau. Les relations avec les autres, les filles en particulier, ne lui semblent pas aussi limpides que les pages entières de Wikipédia qu’il a retenues par cœur afin dans le but de devenir ce super champion et de rendre si fière sa grand-mère Josefa.

Un slumdog millionnaire littéraire, à la sauce autiste asperger

A la manière de « Slumdog millionaire » où les bonnes réponses du candidat au jeu « Qui veut gagner des millions ? » constituaient un prétexte pour expliciter son histoire de vie, le temps de la narration d’Einstein, le sexe et moi est celui des réponses d’Olivier aux questions que lui pose Julien Lepers dans Questions pour un champion, célèbre jeu de culture générale où s’affrontent quatre, trois et enfin deux candidats au cours de trois manches successives.

Einstein, le sexe et moi, c’est un être lunaire, amoureux des terriens, qui nous livre sa vie extra-ordinaire. Brute, avec humilité et distance par rapport aux événements, le trentenaire nous fait vivre à nouveau le 9 points gagnants, le 4 à la suite et le face-à-face, et nous nous sentons proches du présentateur.

“Questions pour un champion a changé la vie de millions de personnes. Et pas seulement des retraités. Une dame d’un certain âge m’a avoué un jour « Julien Lepers, je ne suis même pas sûre de l’aimer, et on dit ce qu’on veut, on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais tous les soirs il est là pour moi. Dans ma vie, je ne peux dire la même chose de personne d’autre » C’est peut-être la plus belle chose qu’on puisse raconter sur Julien Lepers et c’est aussi une très belle définition de l’amour que Julien nous porte à tous.”

Nous trempons avec lui des madeleines dans du Coca, rions devant une tête de brocoli, et nous nous émouvons face à ce parcours unique, difficile, grinçant, comme peut l’être finalement celui de chacun.

C’est ça que j’aurais voulu dire à Julien Lepers : ” Vous ne savez pas ce que c’est. Je suis enfermé derrière un mur de politesse. Attaché et bâillonné. Dans un monde sombre et silencieux, où seule pousse la colère”

Car Olivier, malgré sa différence, n’est pas plus différent que n’importe quelle autre personne. Ou enfin si, car il parvient à exprimer en mots, le parcours d’une vie, avec ses bas et ses hauts. Vous sentez l’auteur généreux, adorateur de la vie, des bonnes choses (notons que je n’y mettrai pas là les madeleines au coca !), de la connaissance, des autres.

“On dit ce qu’on veut sur Pascal ; c’est un grand philosophe ; je ne sais pas ce qu’il a compris ou non sur la vie, mais je crois qu’il a compris le silence effrayant entre les êtres”

 

Ce livre fait boum dans votre cœur. 

(4,5 / 5) Olivier Liron, Einstein, le sexe et moi, Alma, 2018, 200 p., 18 EUR

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