Novembre – Grand Prix des Lectrices Elle

Novembre – Grand Prix des Lectrices Elle

ROMAN

“Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence  : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.
Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques et les pays pour nous raconter l’urgence autant que l’impossibilité d’aimer. À travers l’histoire de Sigvaldi et d’Helga puis, une génération plus tard, celle d’Ásta et de Jósef, il nous offre un superbe roman, lyrique et charnel, sur des sentiments plus grands que nous, et des vies qui s’enlisent malgré notre inlassable quête du bonheur.”

L’écriture est délicate et poétique, l’histoire d’amour se veut jolie et a le goût des fjords Islandais, et les évocations de ces noms lointains m’ont fait voyager. Cependant, l’auteur m’a perdue. Plutôt que de me balader parmi les souvenirs du père d’Asta, jonchant le sol après une chute du haut d’une échelle, il m’a laissé sur le bord de la route de ces souvenirs. Les époques s’entremêlent, tout comme les personnages, et telle une mayonnaise que l’on tourne, la mienne n’a manifestement pas pris.

Je n’enlève cependant pas les qualités indéniables d’écriture de l’auteur. Seule la trame narrative, qui fait sûrement la beauté du récit d’ailleurs, m’a déroutée et m’a empêchée de me concentrer sur les mots.

ESSAI

“Un père et un fils regardent l’Histoire se dérouler sous leurs yeux, dans l’immensité de la Méditerranée, à Lampedusa. La loi de la mer est le récit de la fragilité de la vie et des choses, où l’expérience de la douleur collective rencontre celle, intime, du rapprochement entre deux êtres.

Pendant plus de trois ans, sur cette île entre Afrique et Europe, l’écrivain et dramaturge Davide Enia a rencontré habitants, secouristes, exilés, survivants.”

Difficile d’indiquer si j’ai apprécié ou pas cet essai, finaliste du prix Strega. J’ai ressenti des émotions inégales. Autant l’histoire familiale m’a émue par son écriture nuancée, autant le récit relatif aux migrants m’est apparu presque manichéen, à l’exception d’un paragraphe où une des habitantes exprime que sa réaction première, lors du flux massif fut de penser à fermer les volets pour empêcher les migrants d’atteindre sa propriété. Non pas que je ne sois pas sensible à la cause des migrants, bien au contraire. Je vois quotidiennement du ressentiment de certaines personnes face à l’arrivée de migrants en Europe pourtant peu nombreux par rapport à ceux de Lampedusa.

J’aurais justement apprécié lire des témoignages de ces habitants-là également, afin de prendre en considération tant le meilleur de l’être humain par son accueil, que le pire, puisque l’histoire nous a appris que l’un n’allait pas sans l’autre.

Le récit aurait à mon sens gagné en profondeur puisqu’il aurait permis au lecteur de faire preuve de son esprit critique, et aurait démontré la complexité que représentait l’accueil pour certains. J’aurais par exemple beaucoup aimé écouter l’histoire d’habitants ayant changé leur point de vue sur les migrants de l’île au cours du temps, en côtoyant les premiers survivants.

J’imagine que tel n’était pas le but de cet essai.

POLICIER

“Une nuit, après une énième rencontre Internet ratée, Manon Bradshaw est envoyée sur une scène de crime.
Edith Hind, étudiante à Cambridge, belle, brillante et bien née, a disparu. Peu d’indices, des traces de sang…
Chaque heure compte pour la retrouver vivante. Les secrets que l’inspectrice Bradshaw s’apprête à découvrir auront des conséquences irréversibles, non seulement pour la famille d’Edith mais pour Manon elle-même.”

Ce roman policier a eu le don de me captiver ! Dans Présumée disparue, pas de bain d’hémoglobine à chaque page mais une enquête, une seule, lente, minutieuse, procédurale. Susie Steiner met en scène la disparue, ses parents bourgeois, son petit-ami, sa meilleure amie, et les différents enquêteurs. Pléthore de personnages dont la présence est justifiée par le rôle dans la suspecte disparition d’Edith Hind, dont la vie se révèle bien moins lisse que le voudrait le milieu dont elle est issue.

Bien que la fin puisse paraître quelque peu prévisible, ce thriller psychologique nous tient en haleine et nous fait passer un très agréable moment de lecture !

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