Et les mistrals gagnants

Et les mistrals gagnants

Son meilleur ami, le narrateur le connaît depuis la plus tendre enfance. Un duo complémentaire. Le premier, Grégoire, pur produit d’une élite française bourgeoise, amené à un avenir assuré dès son plus jeune âge, et lui, le rêveur, forcé par sa mère de suivre des études de journalisme, après un passage éclair en fac d’histoire.

De la douceur de l’enfance à l’ingratitude de l’adolescence, ils migreront sûrement vers la rigidité de l’âge adulte et de ses responsabilités. Ils y évolueront chacun dans des sphères différentes où se mêleront politique, jeux de pouvoir, terrorisme, et amour.

Un roman à la douceur sucrée de l’enfance, empreint d’un arrière-goût de bonbon fondu dans la gorge.

Je suis né heureux.

Un tout petit enfant, avec deux parents pour me chérir. Un tout petit enfant qui rit et qui se roule en toupie dans le lit de papa et maman le dimanche matin. Une bouche de quenottes, tout petit enfant, qui hurle d’excitation, qui pleure et qui rit. Qui pleure puis qui rit. Une boule de chair douce et encore innocente au malheur.


Théodore Bourdeau nous invite à replonger dans nos souvenirs, à sauter à pieds joints dans les flaques, à ne pas se frotter les moustaches de Nutella, avant d’endosser notre costume trop grand pour nos frêles épaules et à rejoindre notre écran d’ordinateur dans un open space un lundi matin gris et pluvieux.

Une ode à la chaleur perdue des bêtises d’école primaire et d’éclats de rires enfantins. Une promesse de se souvenir que nous avons été nous aussi, un jour, des petites garçons et des petites filles.  

Un roman qui me donne envie de chantonner “et les mistrals gagnants”.

(4 / 5) Théodore Bourdeau, Les petits garçons, Stock, 2019, 256 p., 17,90 EUR

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