Janvier – Grand Prix des Lectrices Elle

Janvier – Grand Prix des Lectrices Elle

ROMAN

Morty Lear, l’auteur de littérature jeunesse à succès, n’est plus. Il lègue à son assistante et confidente Tomasina l’immeuble dans lequel ils vivaient tous deux depuis quarante ans, ainsi que la gestion des droits de son œuvre. Tommy se retrouve alors entourée de l’acteur supposé incarner Morty à l’écran dans un film autobiographique. Sa présence ravivera des blessures enfouies et questionnera Tommy sur une partie de la vie de Morty qu’il semblerait avoir préféré laisser dans l’ombre.

Une maison parmi les arbres constitue la fresque d’êtres profondément humains, auto-construits cahin caha sur les fondations des cicatrices des blessures de leur enfance. La narration de Julia Glass peut sembler lente, alors qu’elle dessine justement brique après brique le cheminement de son récit. Une histoire et un style efficaces qui ne sont pourtant pas parvenus à faire de cette lecture agréable un coup de cœur.

ESSAI

Suzanne, octogénaire, se souvient du temps où elle fut une fille, une épouse, une mère et une grand-mère. Jadis, lorsqu’elle était une femme de son temps. Cet autrefois contrastant avec cet aujourd’hui au cours duquel elle n’est restreinte à un numéro, celui de la porte de sa chambre. Cet aujourd’hui où les soignants se pressent et l’oppressent, où la toilette ne peut être effectuée au quotidien, la faute au temps qui manque. Cet aujourd’hui où elle enfilera bien cette robe tachée déjà portée la veille. Cet aujourd’hui, où les heures de repas jouent leur rôle de métronome. Suzanne aimerait voir la mer. Comme autrefois.

Le récit dépeint la réalité du système de soins aux personnes âgées, des soignants débordés, pas tous impliqués, des patients oubliés, déshumanisés. La lumière de la responsabilité partagée nous éblouit. Que fait-on de nos vieux ? 

En alternant les passages de la vie d’antan de Suzanne et de son quotidien en maison de repos, l’auteur place l’humain au cœur de son écriture. Suzanne reprend vie. A lire !

POLICIERS

En raison d’un ex-aecquo des notes de la présélection de janvier, nous avons reçu deux policiers ce mois-ci. Pour un rappel du fonctionnement du prix, c’est ici!

Afin de faire avancer son enquête sur une organisation criminelle, la police de Manchester souhaite y faire infiltrer un de ces agents. L’inspecteur Aidan Waits ne peut refuser cette affectation : ce dossier lui rendrait grâce auprès de ses supérieures après de précédentes fautes professionnelles. Il a pour mission de persuader le malfrat Zain Carver de sa corruption et de sortir du giron du caïd la fille d’un homme politique, devenue une de ses sirènes, ces jeunes filles écumant les bars et clubs de la ville dans le but de récolter l’argent de la drogue.

Un page turner à l’allure d’un diesel : une histoire qui prend du temps à se mettre en place, puis s’enchaîne à une vitesse folle. Bonus pour la psychologie d’Aidan, amoché vif, que l’auteur a à mon sens superbement décrit. 

« Le Tueur à la cage », tel est le surnom dont on affuble celui qui enferme des jeunes filles dans des cages après les avoir droguées. Seul un enquêteur, ou plutôt une enquêtrice, de renom pourra être affecté à la mission de recherche de ce profil perturbé. Le FBI désigne Sayer Altair, la spécialiste des neurosciences, afin de remonter la trace jusqu’à ce psychopathe, que l’on devine amateur de mythologie. Plutôt que de se fier uniquement aux relevés ADN, l’agent Sayer devra approfondir son intérêt pour les cultures mayas et égyptienne, détentrices de symboles clés pour cette enquête hors du commun.

La mécanique est bien huilée : une première disparition, suivie de plusieurs autres, un profil psychologique perturbé et une enquêtrice déterminée à en retrouver la trace coûte que coûte. A ceci près que cette fois, la faille se découvre au sein de cultures anciennes, dont la mythologie livre ses secrets macabres. Un page turner efficace, étonnant, à l’odeur agréable de pages de vieux livres d’histoire. Petit bémol pour la traduction qui ne rend pas totalement hommage à l’auteur : quelques passages butent à l’œil et à l’oreille, sans toutefois décélérer la lecture.


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