La connaissance pour liberté

La connaissance pour liberté

Tara, originaire de l’Idaho, a vécu dans la tradition mormone. Son quotidien d’enfant est rythmé par l’école à domicile que tente de lui prodiguer sa mère sans grand succès. L’école publique est en effet un produit de Satan et des Illuminati. Tout comme les soins médicaux traditionnels, auxquels aucun membre de sa famille ne pourra prétendre, pas même lors des nombreux accidents à la ferraille du père ou en voiture après avoir rendu visite aux grands-parents, pas même lorsque la vie de l’un d’eux est en jeu. De toute manière, s’ils survivent, même amoindris physiquement, il en sera de la volonté divine, de celle que l’on ne remet surtout pas en question.

Dieu acceptera-t-il que Tara suive des cours de chant, elle qui a la voix d’une soprano? Comment son père, à la violence et aux accès de colère si fréquents, faciles, et imprévisibles, réagira-t-il? La volonté de Tara lui apprendra au cours de sa vie que sa propre volonté est plus forte que celle de Dieu. 

Une femme dont le destin force l’admiration

Une énorme claque ! Cette jeune femme, que rien ne destinait à devenir docteur à Cambridge, force l’admiration. Elle qui ne savait pas ce qu’était l’holocauste en arrivant à l’un de ses premiers cours d’université, va se passionner pour l’histoire. Elle à laquelle on a tenté de laver le cerveau avec des croyances et des peurs va les déconstruire de la façon la plus noble qui soit : par la connaissance. Elle va se libérer du joug de sa famille toxique et empoisonnée, flirtant constamment avec le danger de mort, ignorants, par sa soif de connaissance et sa curiosité. Rien ne lui sera impossible 

Rien n’est impossible

S’il y a bien un message que je souhaite passer via mon blog, c’est celui-là. Rien n’est impossible. Si vous utilisez la littérature à bon escient, elle vous apprendra sur vous-mêmes ainsi que sur le monde qui vous entoure. Elle vous rendra citoyen du monde dans lequel vous évoluez afin de le faire évoluer à son tour. Venant moi-même d’une famille dans laquelle je constitue la première génération d’universitaires, je me suis reconnue  dans une certaine mesure, dans le discours de Tara. Je me souviens du refus parental de partir en Erasmus, malgré mon cursus exemplaire, l’acceptation de mon dossier et l’appui de la doyenne de la faculté. Refus pour des raisons évidentes liées à la peur. J’ai constamment eu cette volonté d’aller plus loin, de désirer plus. Sans savoir vraiment ce que cela impliquait (ni le niveau d’exigence d’ailleurs), je me suis inscrite après mon cursus dans une grande école de commerce parisienne. J’y suis allée en me disant que rien n’était impossible. J’ai été admise. Je suis ensuite allée rédiger mon mémoire en Écosse, là où je devais initialement partir en Erasmus. Le message de cet essai est celui-là : croyez en vous. Ne laissez jamais des croyances, que ce soient les vôtres ou celles des autres d’ailleurs, vous dicter qui vous êtes ou ce que vous devez ou ne devez pas faire. Rendez-vous libres par la connaissance.

Tara Westover, Une éducation, Jc Lattès le Masque, 2019, 400 p., 22 EUR

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